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Séances plutôt calmes… dans l’ensemble

Monaco Hebdo - Thu, 2016-07-14 11:13
Lors des deux séances législatives des 28 et 29 juin, les tensions sont quelque peu retombées. Pour le moment.

Par Sabrina Bonarrigo et Raphaël Brun

 

Plusieurs élus l’ont déploré. Le Conseil national a perdu beaucoup de temps sur l’étude de l’extension en mer. Surtout lorsque l’on sait que ce projet comportait 150 pages pour le traité de concession… et 12 000 pages d’annexe ! Entre les lignes, c’est la méthode de l’ex-président du Conseil national, Laurent Nouvion, qui a été décriée. « Je regrette tout le temps perdu en palabres et excusez-moi le terme… en juridisme. Des discussions inutiles, bien éloignées des pouvoirs du Conseil national. Tout cela n’a rien apporté, et n’a rien apporté aux Monégasques. Pire… Vouloir discuter du projet en lui-même, de sa structure, de sa destination, une fois le contrat signé par l’Etat, cela décrédibilise l’institution. Cela donne une piètre image de la volonté de tous les élus d’aller de l’avant sur ce projet », a déploré l’élu de la nouvelle majorité Thierry Poyet. Tout en regrettant aussi le manque de concertation entre le gouvernement, les élus et le groupement en charge des travaux. Même colère du côté de Philippe Clérissi : « La haute assemblée s’enlisait seule dans un marécage technico-législatif poisseux, qui ralentissait l’élaboration du texte, nous empêchant par là-même, comme pour toute loi de désaffectation, de consacrer le temps nécessaire à l’étude approfondie des contreparties. » La frustration était grande aussi chez Jean-Charles Allavena : « Les élus n’ont été associés ni à la définition du projet, ni aux discussions sur le contrat entre l’Etat et le titulaire. Bien sûr, ce n’est pas strictement notre rôle. Mais une fois de plus, pourquoi cette vision étriquée de nos relations ? Il ne s’agit pas là d’un petit projet de square de quartier. Il s’agit du projet emblématique d’un règne. Il était toujours trop tard. Trop tard pour émettre un avis sur le projet. Trop tard pour émettre un avis sur le contrat… Dommage ». Hormis ces quelques piques, la séance publique du 28 juin s’est passée dans un climat cordial. Bien loin de l’ambiance glaciale qui régnait le 27 avril, lorsque Laurent Nouvion n’a pas été reconduit dans ses fonctions de président du Conseil national. Le nouveau président, Christophe Steiner, a d’ailleurs conclu la séance en saluant le travail des élus au sein des commissions, et ce, « quelle que soit leur appartenance politique ». Il les a aussi remerciés « pour les débats apaisés. »

« Ombre »

Le 29 juin au soir, l’ambiance était tout aussi calme. Les élus des rangs d’Horizon Monaco (HM) ont le plus souvent adopté des positions proches de celles défendues par la nouvelle majorité du président Christophe Steiner. Il faut dire que les textes à l’étude, le renforcement de la protection des personnes contre la diffamation et l’injure, ainsi que le télétravail (lire notre dossier complet publié dans Monaco Hebdo n° 976), pouvaient difficilement générer du conflit. A commencer donc par la proposition de loi sur la diffamation et l’injure. « Il y a un élan unanime autour de cette proposition de loi », a indiqué l’élu HM Jacques Rit. Une loi fédératrice qui n’a d’ailleurs appelé que très peu de commentaires. « Ce texte traduit un état d’esprit, a lancé l’élu de la nouvelle majorité, Jean-Charles Allavena. Dans notre pays, on est attaché à l’éthique et à la morale. » L’instant d’après, une question a toutefois quelque peu douché l’ambiance générale, jusqu’alors très consensuelle. Alors qu’il remerciait l’élu HM Claude Boisson d’avoir soumis ce texte, « que des amis de la société civile lui avait transmis », Jean-Charles Allavena a questionné : « Nous n’avons pas compris, cher Claude [Boisson], que tu aies refusé d’être le rapporteur de ce texte. Quand tu nous l’a proposé, ce texte dépassait des courants politiques déjà bien séparés. Il aurait dû les dépasser encore aujourd’hui. C’est dommage. Ce refus est une petite ombre sur ce texte. Nous le regrettons. » La réponse est venue quelques minutes plus tard. « C’est vrai, c’est pour une raison politique que je n’ai pas voulu être rapporteur », a répondu Claude Boisson à Jean-Charles Allavena, tout en le « remerciant » de s’être souvenu qu’il avait contribué à faire émerger ce texte : « Sachez aussi M. Allavena qu’il y a d’autres vertus qui peuvent animer le comportement d’un politicien. Comme l’humilité par exemple… » Ce qui n’a pas empêché Jean-Charles Allavena de revenir sur le meeting du 14 juin organisé par le groupe politique Rassemblement & Enjeux (R&E), auxquels quelques élus HM participaient. Ce soir-là, « certains signataires de cette proposition de loi ont largement dépassé le cadre des propos de tribune, même passionnée, a estimé Allavena. Le ressentiment, puis les invectives, ont rapidement tourné à l’injure. Les noms d’oiseaux ont volé bien bas. C’est pourtant cette injure-là que vous souhaitez bannir avec ce texte. La loi ne sera pas rétroactive, mais le célèbre « faites ce que je dis, pas ce que je fais » a décidément encore de beaux jours devant lui… ». Le vice-président du Conseil national, Marc Burini, après avoir indiqué qu’il voterait ce texte, a regretté que l’on doive en arriver là : « Quand une société de contraintes prend le pas sur une société de responsabilités, qu’advient-il de l’apprentissage du civisme ? Ce type de loi consacre toujours un échec : celui de l’éducation. Je veux continuer de croire que l’évolution des sociétés et des mentalités se fait par les individus, l’ouverture sur le monde, la mixité et l’éducation, plus que par le vote de textes répressifs. »

 

Les premiers télétravailleurs dès septembre Le 29 juin, les élus du Conseil national ont voté à l’unanimité les deux projets de loi autorisant le lancement du télétravail en Principauté. A l’origine de cette idée, un vœu émis par le Conseil économique et social (CES) en 2007. « C’est un texte historique », a jugé le conseiller-ministre pour les affaires sociales et la santé, Stéphane Valeri. « Ce texte important va nous aider à répondre aux défis sociaux, économiques et de mobilité », a estimé le ministre d’Etat, Serge Telle. Il aura fallu quatre ans pour parvenir à un accord signé le 18 mars 2014. Sous réserve d’un accord patron-salarié, les 41 000 Français qui travaillent à Monaco pourront télétravailler, sans dépasser « plus des deux tiers du temps de travail du salarié sur une période hebdomadaire de travail. » Les élus ont demandé au ministre d’Etat l’extension de ce texte à la fonction publique monégasque. Des discussions ont aussi débuté avec l’Italie, qui fournit environ 4 000 salariés à Monaco. R.B.  

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« L’idée essentielle, c’est la cohérence »

Monaco Hebdo - Thu, 2016-07-14 11:09
Les travaux du Très Grand Ida devraient débuter en 2018, pour un coût estimé à 500 millions d’euros a annoncé le ministre d’Etat, Serge Telle, accompagné de son gouvernement. Déjà chargé de l’extension en mer, l’architecte italien Renzo Piano hérite aussi de la rénovation du Larvotto.

EXTENSION EN MER

Un Larvotto version Renzo Piano

« Avec le Prince Albert, on s’est dit que l’extension en mer était une occasion idéale pour créer une cohérence architecturale avec tout le front de mer du Méridien jusqu’au port Hercule. » Le 30 juin, lors d’un petit-déjeuner de presse, le ministre d’Etat, Serge Telle, a confirmé ce que le président du Conseil national évoquait dans les colonnes de Monaco Hebdo n° 976 : le Larvotto sera bien rénové en totalité. Serge Telle a appuyé son propos, en soulignant que le Larvotto est un quartier vieillissant, qui a déjà « une trentaine d’années » et que l’hôtel Fairmont, situé à l’extrémité ouest, remonte aux années 70. Sachant que si les exploitants du Fairmont sont les frères Ian et Richard Livingstone, les murs restent la propriété de l’Etat monégasque qui a donc son mot à dire. Et le mot d’ordre dans ce dossier, c’est « la cohérence », une notion que Serge Telle a martelé tout au long de son intervention devant les médias : « À Monaco, au fil du temps, on a souvent été dans une logique où chacun a lancé son projet immobilier dans son coin. Mais le souhait du Prince, c’est de trouver désormais une cohérence dans ce qui sera construit. » Maintenant que le groupement en charge des travaux de l’extension en mer a été choisi, c’est donc leur architecte, l’Italien Renzo Piano, qui sera chargé de réfléchir aux travaux sur le Larvotto. Cohérence oblige. « Les projets proposés seront soumis à la décision du Prince », a indiqué Serge Telle. « Comme Renzo Piano travaille déjà sur l’extension en mer, on lui a demandé de travailler sur la continuité de ce quartier, avec le Larvotto. L’idée, c’est d’avoir une vision globale pour l’extension en mer et pour le Larvotto », a insisté Marie-Pierre Gramaglia, conseiller-ministre pour l’équipement.

Estimation

Reste à connaître le coût. Il est quasi-impossible à chiffrer a estimé Serge Telle. D’abord évidemment parce que le projet n’est pas connu à ce jour. Ensuite parce que des économies d’échelles pourraient être réalisées, dans la mesure où certains travaux entre l’extension en mer et le Larvotto pourraient être couplés. Prudent, le gouvernement a tout de même demandé des études afin d’avoir une estimation, même approximative. « Un premier projet, qui n’est pas le projet retenu et qui ne concernait que le Larvotto, a été évalué avec un architecte monégasque. Il était compris entre 50 et 60 millions d’euros. C’était un projet de grande envergure, avec un système pour atténuer la houle au niveau des plages, une surélévation de bâtiments, le déplacement du restaurant la Rose des Vents, la création d’une voie souterraine parallèle à l’avenue Princesse Grace… », a détaillé Marie-Pierre Gramaglia. « Les 50-60 millions d’euros sont donc un coût prévisionnel que l’Etat ne dépensera pas, puisque ce projet n’a évidemment pas été lancé », a immédiatement précisé Jean Castellini.

Soulte

Signé le 30 juillet 2015 par l’ancien ministre d’Etat, Michel Roger et Gérard Brianti, administrateur délégué du groupement Anse du Portier SAM (société anonyme monégasque), qui réunit le groupe Bouygues, ses partenaires et des acteurs monégasques, le traité de concession du projet d’urbanisation en mer est extrêmement précis. Le deal financier sur lequel s’est engagé le groupement en charge de la construction de cette extension en mer devrait rapporter à l’Etat un total de 1,3 milliard d’euros. Comment ? Le gouvernement a prévu une soulte de 400 millions d’euros qui sera payée en plusieurs annuités, mais aussi près de 300 millions d’aménagements public et 600 millions de TVA. « En effet, selon le nombre de m2 et surtout le prix fixé au m2, le retour estimé par les promoteurs est compris entre 3 et 3,5 milliards d’euros, a détaillé le conseiller-ministre pour l’économie et les finances, Jean Castellini. Si on multiplie ce montant par 20 %, on obtient 600 millions de TVA pour l’Etat. » Au sein du groupement Anse du Portier, ce n’est pas Bouygues Travaux Publics (TP) qui va rénover le Larvotto, ni construire les 60 000 m2 de logements privés, de commerces grand luxe ainsi que les équipements publics situés dessus, a insisté Jean Castellini : « Bouygues TP va seulement construire une dalle. Sur cette dalle, des promoteurs, qui sont les investisseurs du groupement chargé de cette extension en mer, vont ensuite construire et commercialiser des surfaces. Ce sont donc aussi eux qui devront proposer et réaliser un projet de rénovation complet pour le Larvotto, une fois qu’il aura été validé par le Prince Albert. »

« Timing »

Si on ne sait pas combien va coûter la rénovation du Larvotto, on n’en sait pas beaucoup plus non plus sur le déroulé exact des travaux, ni sur leur durée. « Tant que le projet n’est pas connu et qu’on ne sait pas comment il va s’accrocher à l’extension en mer, difficile de donner un calendrier pour les travaux au Larvotto, a justifié Serge Telle. Cette continuité architecturale a donc aussi des conséquences évidentes dans le timing. Mais il est hors de question de lancer ce projet rapidement. Il faudra de toute façon attendre que la dalle de l’extension en mer soit terminée. » Un certain nombre de commerçants du Larvotto ont laissé filtrer leur inquiétude. Que vont-ils devenir, coincés entre ces deux méga projets ? « Il ne faut pas être anxiogène, il faut les rassurer. Ils sont encore là pour un certain temps. Et lorsque ce projet sera fini, ces commerçants reviendront. Mais il y aura une gêne pendant un moment… », a admis Jean Castellini, tout en indiquant que de nouveaux commerces seraient aussi créés. Le gouvernement s’est ensuite attardé sur la composition du groupement Anse du Portier SAM et notamment sur la présence importante du fonds d’investissement Meyer Bergman. Une présence importante car ce fonds est aussi spécialisé dans l’investissement commercial. Meyer Bergman a notamment réalisé des centres commerciaux en Angleterre, comme par exemple la Burlington Arcade, qui est une galerie marchande située à proximité du siège de la Royal Academy, à Londres. « Ils sont à la fois des investisseurs et des spécialistes du commerce. Donc, quand il faudra faire venir de nouvelles enseignes sur l’extension en mer, et peut-être au Larvotto, cela pourra être utile… », a supposé Castellini. La clé de répartition mise en place dans ce groupement a aussi son importance, a jugé le conseiller-ministre pour les finances. En effet, aucun investisseur ne surclasse vraiment les autres. « Tous les investisseurs pèsent entre 5 et 25 % du total qui va financer le projet. En plus de Meyer Bergman, on trouve des investisseurs privés qui résident à Monaco. Notamment M. Pastor, son cousin et un autre promoteur immobilier monégasque. Sans oublier trois ou quatre autres personnes de nationalité étrangère, majoritairement des Européens, qui vivent à Monaco. Ce qui nous permet d’avoir un contrôle supplémentaire, car ce sont des gens que l’on connaît. Leurs noms ne vous diraient sans doute rien. Mais ce sont des personnes qui sont dans l’immobilier ou des industriels », a confié Jean Castellini. Sans en dire plus. Contacté par Monaco Hebdo, Meyer Bergman nous a indiqué n’avoir « aucun commentaire » à faire sur ce dossier.

 

TRES GRAND IDA

Début des travaux en 2018

Le 21 juin, le gouvernement a présenté aux élus du Conseil national ses dernières conclusions concernant le dossier du réaménagement du quartier de la Colle, c’est-à-dire la zone entre l’avenue Crovetto Frères et le boulevard Rainier III. « Il n’y a que trois façons de gagner les 350 000 m2 dont on a besoin tous les 10 ans. Construire sur la mer, construire sur les derniers terrains disponibles et enfin reconstruire la ville sur la ville, en bâtissant des immeubles plus haut », a lancé le conseiller-ministre pour l’équipement, Marie-Pierre Gramaglia. Le projet du Très Grand Ida s’inscrit dans le troisième volet des solutions présentées par le gouvernement. Ce remembrement géant devrait débuter en 2018, dès que l’association Foi Action Rayonnement (FAR) aura déménagé au Jardin Exotique, à la villa Thérèse. Les travaux pourraient s’étaler sur « 15 ou 20 ans », pour cet énorme projet qui avait plus modestement commencé en 2009 par l’achat pour 16 millions d’euros de la Villa Ida par l’Etat monégasque. D’abord réservé au logement des enfants du pays, ce projet a connu plusieurs versions pour aboutir aujourd’hui au remembrement complet du quartier de la Colle et à un nouveau plan de circulation. Le coût de cette opération est estimé à 500 millions d’euros par le conseiller-ministre pour les finances, Jean Castellini et devrait permettre la création de 150 logements supplémentaires par rapport à l’existant. Au total, 462 appartements seront construits. La villa anciennement occupée par le FAR, les immeubles domaniaux les Cèdres et les Mélèzes et la villa les Platanes sont englobés dans ce projet.

« Vision globale »

Mais pour le moment, une famille bloque cet énorme projet. « Ils possèdent la villa des Platanes, une maison de trois étages, divisée en plusieurs appartements occupés par des locataires », a indiqué Marie-Pierre Gramaglia. Si aucun accord financier n’est trouvé, l’Etat pourrait demander une expropriation. « On a évoqué cette extrémité avec le Conseil national qui nous a donné son approbation », a ajouté le conseiller-ministre pour les finances, Jean Castellini.

Une étude d’urbanisme va maintenant être lancée par quatre cabinets d’architectes-urbanistes, qui travailleront tous avec un architecte monégasque. L’occasion de définir avec précision la volumétrie de cet ensemble et de mettre en place un déroulé des travaux qui soit à la fois intelligent, efficace et le moins gênant possible pour les habitants de ce quartier. Notamment pour les immeubles des Mélèzes et des Cèdres. Sur les 462 logements bâtis, reste à connaître la répartition entre les appartements domaniaux et ceux qui pourraient être proposés aux enfants du pays. « Plusieurs immeubles seront construits, donc on verra ensuite comment attribuer logements domaniaux et logements pour les enfants du pays », a ajouté Gramaglia. « Pour les enfants du pays, ce sera ici ou ailleurs. Car on a une vision urbanistique à 20 ans : Très Grand Ida, Annonciade II, autres immeubles vieillissants… Donc, que ce soit dans l’emprise du Très Grand Ida ou ailleurs, on verra lorsqu’on aura une vision globale. Mais ça ne signifie pas que les enfants du pays ont 20 ans d’attente devant eux », a commenté Jean Castellini. « L’objectif, c’est de desserrer l’étau et de se donner une marge de manœuvre pour disposer ensuite d’une véritable offre qui pourra concerner le plus grand nombre de personnes possible », a ajouté le ministre d’Etat, Serge Telle.

 

L’opération l’Engelin Sur le boulevard du Jardin Exotique, c’est 133 logements pour les Monégasques d’ici fin 2017. C’est aussi 900 m2 pour le tertiaire, avec pour l’essentiel l’accueil des archives audiovisuelles de Monaco. Sans oublier 245 places de parking pour les logements et les bureaux, une cinquantaine de places publiques, et une desserte mécanisée de l’avenue Hector Otto. L’opération Testimonio II C’est 156 appartements domaniaux situés entre le boulevard d’Italie et l’avenue Princesse Grace. Mais aussi le relogement de l’école internationale, une crèche de 50 berceaux, 700 places de parking relais. Tout devrait être terminé au troisième trimestre 2020 pour un coût de 360 millions d’euros « et aucune participation financière de l’Etat », qui cède en contrepartie 13 000 m2 de logements privés. L’opération Pasteur C’est une parcelle de 250 mètres de long sur 35 mètres de large dont la façade est orientée vers l’avenue de Fontvieille, alors que la partie supérieure se trouve dans le prolongement de la promenade Honoré II. Cette opération s’articulera sur un socle de 5 niveaux qui accueillera deux bâtiments : un pour le collège et un autre pour la médiathèque municipale sur 3 niveaux. Il y aura aussi une salle polyvalente de 1 200 places qui remplacera l’actuel Espace Léo Ferré, un parking de plus de 900 places, 8 700 m2 de bureaux… Pour un total de 320 millions d’euros et une fin des travaux programmée pour 2020.

 

International

Brexit : un effet positif pour Monaco ?

« En Europe, les souverainistes ont définitivement perdu du terrain. Le Brexit ne donne pas envie à d’autres pays de sortir de l’Union européenne (UE). Car même si on n’aime pas l’UE, cette structure protège et offre un cadre de prospérité qui a permis à tout un tas de pays européens de se développer. » Résolument optimiste, le ministre d’Etat, Serge Telle, ne croit pas à un effondrement de l’UE. Il l’a dit et répété, lors d’une conférence de presse organisée le 30 juin : « La banque d’Angleterre prédit un appauvrissement de 2 à 3 % du PIB sur les 10 prochaines années. Il n’y a pas beaucoup de pays qui veulent prendre ce risque-là. » Et il veut même croire que ce Brexit pourrait assouplir les négociations menées par Monaco pour obtenir un accord d’association avec l’UE. Car la Principauté vise toujours un accès au marché intérieur en contrepartie d’avancées autour des quatre libertés fondamentales de l’UE, à savoir la libre circulation des biens, des capitaux, des services et des personnes. « Tout en préservant nos spécificités », a insisté Serge Telle. Pour lui, le Brexit implique désormais que l’on tienne « de plus en plus compte de l’identité » des pays qui composent l’UE : « On peut être dans le respect de ces identités nationales, sans être nationaliste. On peut être dans le respect de la souveraineté, sans être souverainiste. » De petites différences sémantiques autour desquelles se jouent de très importants enjeux. « Contrairement à ceux qui disent qu’il faut sortir, nous disons qu’il y a un intérêt pour des petits pays fondamentalement européens comme le nôtre, à s’accrocher à l’UE, dans le respect de nos différences », a estimé Serge Telle. Une certitude, après un mouvement de panique, les marchés se sont bien repris. « Les banques et les marchés pensent que les Anglais pourront sortir de l’UE tout en restant dans le marché unique, a commenté le ministre d’Etat. C’est le pari qu’ils font. Mais je ne suis politiquement pas convaincu que cela sera accepté. »

 

Economie

Aéroport de Nice : Monaco prendra entre 5 et 9 % du capital

« Le gouvernement français a établi un cahier des charges qui permet à Monaco d’entrer au capital du futur groupement qui prendra le contrôle de l’aéroport de Nice et ce, quel que soit le groupement qui sera choisi », a indiqué le conseiller-ministre pour les finances, Jean Castellini, le 30 juin. L’Etat français va vendre 60 % du capital de cet aéroport pour une somme estimée entre 900 millions et 1,1 milliard d’euros. Cet aéroport attire 11,7 millions de passagers par an. Les neuf groupements en compétition partageraient la vision stratégique de la Principauté pour cet aéroport, notamment le positionnement haut de gamme de cet aéoroport avec l’aviation d’affaires, le développement de lignes intercontinentales directes au départ de Nice… Selon le groupement vainqueur et la somme injectée par Monaco, la Principauté disposera de 5 à 9 % du capital, contre environ 150 millions d’euros. « Il y a un groupe turc avec qui on discute, comme avec les huit autres candidats », a révélé Jean Castellini. Selon Nice-Matin, Aéroports de Paris (ADP), Vinci associé à la CDC et Predica, les Français d’Ardian Infrastructure, les Italiens d’Atlantia, les Espagnols de Ferrovial-Meridiam, l’Australien Macquarie, les fonds Industry Funds Management ou Global Infrastructure Partners seraient intéressés par l’aéroport de Nice. Une opération totalement logique pour Serge Telle car « cet aéroport représente la porte d’entrée sur Monaco. Il est donc normal que l’on regarde cette porte d’entrée ».

 

Economie

« Héli Air nous réclame 42 millions »

Suite à la perte de l’exploitation de la ligne d’hélicoptère entre Monaco et Nice, Héli Air a engagé des recours contre l’Etat monégasque. L’appel d’offres lancé par l’Etat a été remporté par Monacair qui exploite cette ligne depuis le 1er janvier. « On trouvait qu’Héli Air faisait remonter beaucoup de bénéfices sur les comptes des administrateurs au détriment de l’investissement dans l’entreprise. Du coup, on a estimé que les hélicoptères étaient un peu vieillissants, alors que l’autre compagnie proposait des appareils neufs », a justifié le ministre d’Etat, Serge Telle. « Héli Air possédait un code Iata sur lequel ils touchaient des royalties, a ajouté Serge Telle. Ce code Iata était exploité par APG, un agent interlignes qui vendait des billets d’avions aux compagnies aériennes et qui reversait des royalties à Héli Air. C’est ce système qui a été cassé suite à la perte de l’appel d’offres. » Bien décidé à ne pas en rester là, Héli Air et son Pdg Jacques Crovetto ont donc attaqué l’Etat en justice. « Aujourd’hui Héli Air nous réclame 42 millions d’euros parce qu’ils ont perdu un appel d’offres… Or, c’est une concession de service public. Et on n’indemnise pas les perdants. Surtout quand on propose des solutions pour avancer », a jugé le ministre d’Etat. Désormais, l’enjeu dans ce dossier, c’est de voir de quelle manière Héli Air peut continuer à travailler. « Le but du gouvernement, c’est bien sûr de ne pas aboutir à une fermeture de cette entreprise. Pour cela, on a besoin d’un minimum d’efforts de la part d’Héli Air. » Sauf que, pour le moment, entre l’Etat et Héli Air, tout se déroule de plus en plus par avocats interposés. « Héli Air est défendu par l’avocat français Me William Bourdon. Pour mettre la pression sur les autorités monégasques, il utilise la presse pour expliquer que le gouvernement n’apporte pas de réponses sur ce dossier. Alors que notre volonté, c’est de protéger l’emploi et de permettre à Héli Air d’exploiter des lignes différentes de Monaco-Nice. » Héli Air compte encore 60 salariés.

 

Economie

Monaco intéressé par le port de Civitavecchia

Un rôle de consultant. C’est le rôle que pourrait avoir la société d’exploitation des ports de Monaco (SEPM) auprès du port de Civitavecchia, à Rome. Ce port dessert notamment la Sardaigne et la Corse. Donc rien à voir avec l’opération lancée du côté du port de Vintimille, dont la Principauté souhaite prendre le contrôle à travers une concession de 80 ans (lire notre dossier complet publié dans Monaco Hebdo n° 975). Un pré-accord a été signé au mois de mai entre la partie italienne et la filiale internationale de la SEPM. « Nous allons voir courant juillet si nous transformons ce pré-accord en accord définitif », a expliqué le conseiller-ministre pour les finances, Jean Castellini. Il faudra notamment faire le point sur les rumeurs d’infiltrations mafieuses, alors que des villes comme Bordighera en 2011, puis Vintimille en 2012, ont carrément été mises sous tutelle par l’Etat italien. « On ne sait pas tout. Il n’est pas impossible qu’il y ait encore des choses à découvrir. Donc on regarde, on s’informe… On n’a pas envie de voir Monaco se retrouver en position difficile face à la ‘Ndrangheta », a ajouté le ministre d’Etat, Serge Telle.

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Kamil Glik et Djibril Sidibé à Monaco

Monaco Hebdo - Thu, 2016-07-14 11:06

Selon L’Equipe, l’AS Monaco et Lille auraient trouvé un accord pour transférer le défenseur de 23 ans, Djibril Sidibé, contre 13 millions d’euros. L’accord prévoirait aussi un autre prêt du milieu offensif monégasque, Rony Lopes, 20 ans, où il a déjà joué en 2015-2016. Autre recrue : le défenseur international polonais Kamil Glik, 28 ans, qui a signé pour quatre ans, contre 8 à 11 millions selon les sources. L’ASM a aussi trouvé un nouveau directeur sportif. Il s’agit finalement de l’Espagnol Antonio Cordon, qui rejoint Monaco après 17 ans passés à Villareal. Une arrivée qui fait suite aux départs de Claude Makelele et de Luis Campos au mois de juin. Certaines rumeurs envoient Campos au PSG ou à l’OM. En matches de préparation, Monaco a battu Lugano 5-3 le 2 juillet, avant de faire un nul 3-3 contre le SC Kriens, une équipe de troisième division suisse, le lendemain. Prochains matches amicaux : le 9 juillet contre le FC Sion, le 13 contre le Sporting, le 16 contre le FC Bâle et le 19 contre le Zenith Saint-Petersbourg. Du sérieux, avant le troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions (aller 26-27 juillet, retour 2-3 août).

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Extension en mer : Monaco prend le large

Monaco Hebdo - Thu, 2016-07-14 11:05
Le mardi 28 juin en séance publique, le Conseil national a donné le dernier feu vert  indispensable à la construction de l’extension en mer. En 2025, le territoire monégasque  va donc s’agrandir de 6 hectares. Mais ce chantier titanesque, dont les travaux sont  estimés à 2 milliards d’euros, a suscité quelques réserves des élus. Risques financiers, nuisances environnementales, absence de logements pour les Monégasques, projet de taille trop réduite… Retour sur les principaux points qui ont fait débat.

Exiguïté du territoire oblige… Monaco a décidé de gagner du terrain sur la mer. Cette conquête par les eaux a récemment franchi un pas décisif. Le 28 juin, le Conseil national a voté à une large majorité la loi de désaffectation permettant la création de cette extension à l’Anse du Portier. Si le timing des travaux est respecté, la Principauté verra donc son territoire s’agrandir de 6 hectares en 2025. Au Conseil national ce soir-là, on sentait que ce vote était historique : « Au cours des siècles, la plupart des expansions territoriales des Etats prirent la forme de conquêtes, d’annexions, de colonisations… Le plus souvent, elles se firent par la force et dans la douleur », a souligné le vice-président du Conseil national, Marc Burini, et rapporteur du texte. Or, à Monaco c’est « de façon pacifique » que le territoire s’agrandit. Il faut dire que pour se développer, la Principauté n’a pas vraiment d’autres choix que de « remembrer des quartiers existants, construire toujours plus en hauteur — avec tout le parti pris esthétique et sociétal que ce choix comporte — ou enfin, d’étendre son territoire », a poursuivi l’élu. Pour mener à bien ce projet pharaonique — dessiné par les architectes Renzo Piano, Alexandre Giraldi, Denis Valode et le paysagiste Michel Desvigne — les autorités monégasques ont choisi l’opérateur Bouygues construction. Et comme prévu, l’ultra-luxe dans ce futur quartier est au rendez-vous. Plusieurs immeubles privés de grand standing, destinés principalement à la vente, seront en effet construits. « Sur la totalité de l’infrastructure maritime, 28 % reviennent au domaine public, alors que 72 % des surfaces construites sont destinées aux bâtiments et aux surfaces privés », a précisé Marc Burini.

Ultra-luxe

Que contiendra alors cette extension en mer ? Côté aménagements privés, on sait que 55 000 m2 de logements haut de gamme seront bâtis. Avec environ 3 500 m2 de commerces, et deux niveaux de sous-sols (1). Coté équipements publics, une extension du Grimaldi Forum de 3 500 m2 a été prévue « pour accueillir de nouveaux congrès », avec un parking de 156 places. Pour ces nouveaux riches résidents, un port de plaisance d’environ 30 anneaux sera également aménagé. Et histoire d’amener une “touche verte” au projet, les architectes ont aussi souhaité créer un parc de 6 500 m2 « sous forme de colline et accessible au public. » Mais aussi une promenade en bord de mer de 560 mètres de long, un cheminement ombragé entre le Jardin japonais et l’extension du Grimaldi Forum de 340 mètres, plusieurs places publiques et des quais pour une superficie totale de 7 769 m2.

Attractivité

Pour le ministre d’Etat, Serge Telle, pas de doute. Ce projet est « absolument essentiel pour les Monégasques comme pour Monaco. Les promoteurs prennent un risque sur l’avenir, et ont donc une confiance totale en la Principauté. » Cette extension offrira aussi au territoire monégasque ce dont « il manque le plus ». A savoir de l’espace. « Mais ce projet nous apportera bien plus que des mètres carrés. Sans participer en aucune manière à son financement, l’Etat va voir le territoire de la Principauté augmenter de près de 6 hectares. Il va recevoir une soulte de 400 millions d’euros qui lui permettra de financer des projets d’intérêt général. De plus, l’Etat retirera de cette opération tous les effets financiers induits par la vente des 60 000 m² de logements et de commerces. Dont, notamment, le versement d’un montant important de TVA », a poursuivi le ministre d’Etat. Les élus y voient aussi un projet essentiel en termes d’attractivité : « Un projet d’une telle qualité était nécessaire à Monaco pour répondre à une vraie demande, et pour garder en Principauté ces clients qui allaient chercher ce type de biens au Cap Martin ou au Cap Ferrat », a indiqué l’élu Jean-Charles Allavena. Même analyse pour l’élu Thierry Poyet pour qui ce projet est un « formidable message » que la Principauté adresse. « Monaco investit, Monaco se transforme, Monaco parie sur son avenir. Monaco étend son territoire de manière pacifique. Et en ces temps de crise et de doute, le symbole est fort. »

Balnéaire

Autre bonne nouvelle : le Conseil national avait demandé au gouvernement que le projet s’accompagne d’une rénovation complète du Larvotto. Un deal accepté par le groupement qui en assumera donc les travaux. Objectifs de ce chantier parallèle : donner un coup de jeune à ce quartier balnéaire un peu vieillissant, et constituer un ensemble architectural harmonieux « depuis le Yacht Club jusqu’au Méridien. » Une rénovation d’autant plus indispensable selon l’élu Philippe Clérissi que « l’unique centre balnéaire monégasque n’a fait l’objet d’aucune remise à niveau depuis sa création il y a bientôt 50 ans. Qui plus est, dans l’un des plus beaux quartiers de la Principauté ! » Marc Burini s’est aussi réjoui que le Larvotto soit enfin réaménagé, et devienne une vraie station balnéaire. Car en matière de contreparties « une plage, ça parle beaucoup à la population que des recettes de TVA sur 12 ans… »

« Limité »

A l’exception du doyen Daniel Boéri qui s’est prononcé contre ce projet, et de Thierry Crovetto qui s’est abstenu, tous les élus du Conseil national ont donc voté en faveur de la loi de désaffectation. Mais cette quasi-unanimité n’a pas empêché les conseillers d’exprimer de lourdes réserves. Plusieurs d’entre eux ont notamment regretté que l’extension ne soit pas de plus grande envergure. Il est vrai qu’on est loin des 22 hectares gagnés à Fontvieille dans les années 70. Ou même des 15 hectares du projet du Larvotto, abandonné fin 2008 en raison de la crise financière : « Je regrette la taille réduite du projet. Je ne suis pas sûr que l’on soit allé au maximum possible », a déploré l’élu Jean-Michel Cucchi. « Pourquoi une extension limitée à six hectares, alors que les projets de 2008 étaient deux ou trois fois plus vastes ? Y-aurait-il eu régression technique ? », s’est aussi demandé Jean-Charles Allavena.

« Les Monégasques exclus »

Les élus de tous bords politiques ont aussi déploré l’absence de logements pour les Monégasques. Ou d’un bâtiment « symbole » pour eux. Pour Marc Burini, c’est clairement le gros « bémol » de ce projet urbanistique qui ne comprend que des habitations privées : « La population monégasque en est le grand absent. » « Vous conviendrez qu’il est plus difficile de s’approprier un quartier quand on ne fait que le traverser… sans l’habiter », a lancé de son côté Jean-Michel Cucchi. Mais le plus virulent a sans doute été Daniel Boéri pour qui le projet d’extension en mer « oublie quasi-totalement Monaco et les Monégasques. Nous allons avoir le mur des Monégasques : un mur de classe. Craignez qu’il ne devienne, un jour, un mur des lamentations ! » Même frustration chez l’élu Union monégasque (UM) Jean-François Robillon : « Il aurait fallu que les Monégasques, et également les résidents, aient la perception d’un retour, d’une amélioration palpable pour la population. Le gouvernement pense qu’une somme d’argent de 400 millions et des aménagements techniques et paysagers veulent dire quelque chose de précis pour nos concitoyens. Je ne le pense pas. » Les élus Thierry Crovetto et Jean-Charles Allavena ont à leur tour pointé du doigt le manque de « mixité » sociale. Quant à l’élue Horizon Monaco (HM) Béatrice Fresko-Rolfo, elle regrette l’absence d’un édifice public, autre que l’extension du Grimaldi Forum : « J’aurais été plus heureuse qu’un musée ou un lieu d’accueil pour la population eut été prévu. »

Appropriation

Côté gouvernement, on réfute en bloc ces arguments. L’exécutif l’assure : les nationaux ne sont pas les grands oubliés de l’extension en mer. « Si le projet ne comprend pas en effet de logements domaniaux, les Monégasques n’en seront pas pour autant les grands absents. Bien au contraire. J’espère qu’ils se l’approprieront comme les autres quartiers historiques, où il n’existe pas d’immeubles domaniaux, a indiqué le conseiller-ministre à l’équipement Marie-Pierre Gramaglia. Les Monégasques profiteront, comme d’ailleurs les autres résidents, de l’extension du Grimaldi Forum mais également de tous les espaces publics de surface. Et en particulier de la promenade en bord de mer qu’il est prévu d’agrémenter d’œuvres d’art. Sans oublier le parc sur la colline, les places publiques, et le port d’animation. Il est vrai que le gouvernement aurait pu solliciter des ouvrages publics supplémentaires. Toutefois, eu égard aux frais financiers importants générés par le mode de réalisation supporté par le titulaire, il a été jugé préférable de ne pas multiplier les aménagements publics et de recevoir le reste de la part considéré comme devant revenir à l’Etat sous forme de soulte, qui pourra être utilisée pour la réalisation d’équipements publics dans les autres quartiers de la Principauté. »

(1) Les deux niveaux de sous-sol contiendront 480 places de stationnement, des emplacements pour deux-roues, des locaux techniques, des caves et des locaux annexes.

 

Timing des travaux sur 10 ans C’est donc un chantier titanesque de 10 ans qui débute. Le phasage des travaux est désormais bien connu. Le démarrage est prévu au 4ème trimestre 2016 avec une première étape capitale : la protection des espèces protégées. En 2020, c’est l’infrastructure maritime qui devrait être achevée. Quant à la livraison des premiers immeubles, elle devrait intervenir en 2022. Pour le port d’animation et l’extension du Grimaldi Forum, il faudra attendre 2024. Et enfin une année supplémentaire pour la livraison globale du projet. S.B. Circulation et environnement : les élus inquiets Circulation, nuisances sonores ou protection de l’environnement… Le gouvernement s’est juré d’être exemplaire pendant la construction du projet. Ou en tout cas, de mettre tout en œuvre pour minimiser les nuisances. Mais vu l’ampleur et la longueur de ce chantier maritime, l’inquiétude des élus est forcément là : « Il est incontestable que beaucoup de précautions ont été envisagées sur le plan de l’environnement. Si l’on en juge avec les centaines de pages entourant la protection des sites autour de l’anse du portier et devant le Grimaldi Forum. Mais il faut être aussi transparent et honnête intellectuellement en disant que cette opération va créer des nuisances considérables. Même si beaucoup de matériaux lourds doivent transiter par la mer, a souligné l’élu HM Laurent Nouvion. Ma crainte, je ne vous le cache pas, porte sur les dommages directs et indirects sur la réserve maritime devant le Larvotto qui jouxte cette future opération. Le littoral sera très affecté pendant plusieurs années. Même si l’environnement marin a des capacités insoupçonnables de renaissance. » Pour ce qui est de la circulation, le conseiller-ministre à l’équipement Marie-Pierre Gramaglia a assuré que les impacts ont été analysés dans la phase d’étude du projet et feront l’objet d’un « suivi » permanent. Avant de donner plusieurs garanties : « L’essentiel du chantier de l’infrastructure maritime se déroulera par la mer. Une fois le terre-plein achevé, à savoir les aménagements et les superstructures, la circulation des camions empruntera un itinéraire qui impactera le moins possible la circulation, via le tunnel descendant puis la dorsale. » S.B.

 

Extension en mer Quels coûts pour l’Etat ?

 

Entre le financement des études, les frais d’entretien et les droits à bâtir cédés aux  promoteurs privés… Quels seront les coûts véritables pour l’Etat et les pertes foncières ?

L’extension en mer est forcément une affaire de gros sous… Et sur ce projet, Monaco a choisi de minimiser les risques. Le gouvernement ne cesse en effet de marteler que c’est le groupement privé en charge de cet énorme chantier qui assumera le financement intégral de l’opération. « Sans participer en aucune manière à son financement, l’Etat monégasque va donc voir son territoire augmenter de 6 hectares. Avec des travaux d’un coût de 2 milliards d’euros. En contrepartie, l’Etat recevra plus d’un demi-milliard d’euros en aménagements publics », se réjouissait il y a quelques mois le conseiller-ministre des finances, Jean Castellini. De plus, l’Etat bénéficiera des « effets financiers induits » par la vente des 60 000 m2 de logements luxueux et des commerces. Dont, notamment, le versement « d’un montant important » de TVA. Au-delà de l’apport de TVA, l’Etat espère aussi profiter des bénéfices liés à l’installation de résidents à hauts revenus. Car en plus des biens immobiliers qu’ils auront acquis, ces derniers « vont créer des entreprises, des emplois, installer leurs bureaux, et consommer en Principauté. » Jackpot assuré donc, selon le gouvernement. Mais en séance publique au Conseil national fin juin, les élus n’ont pas affiché un enthousiasme aussi béat. Quelques-uns ont d’ailleurs rappelé que l’Etat mettra aussi la main à la poche.

« Rendement/risque »

« Concernant l’argument : “cela ne coûte rien à l’Etat”, je le réfute !, a notamment lancé l’élu Thierry Crovetto. Cela a déjà coûté des millions en études, et ce n’est pas terminé. De plus, avec cette désaffectation, l’Etat cède une partie de son domaine public, qui a une valeur. Enfin, l’ouvrage occasionnera des frais d’entretien. Comme toute opération financière, puisqu’il s’agit bel et bien d’une opération financière, il faut donc considérer les profits attendus — et sur ce point le gouvernement a été très loquace — mais aussi les risques potentiels ! Et je ne suis pas convaincu sur le couple rendement/risque. » Même scepticisme pour l’élu de la minorité Union Monégasque (UM), Bernard Pasquier : « Que les Monégasques qui nous regardent et nous écoutent ce soir le comprennent bien : l’Etat finance ce projet. L’Etat ne finance pas ce projet en numéraire. Il le finance en cédant aux promoteurs des droits à bâtir. Soit 55 000 m2 de droits à bâtir très précisément. Dire, comme je l’entends parfois, que l’Etat ne finance pas ce projet, est à mon humble avis avoir une vision très étroite de la signification de « financer ». Une fois l’opération terminée, ces droits à bâtir ne seront plus à vendre. L’Etat s’est donc bien séparé d’un actif foncier. »

Frais

Pour savoir plus précisément quels seront les coûts véritables pour l’Etat, il faut se plonger dans le rapport du vice-président du Conseil national, Marc Burini. Ce dernier précise que « plus de 6 millions et demi d’euros ont d’ores et déjà été consacrés aux études. » Le gouvernement prévoirait également « 17 millions d’euros supplémentaires pour la période 2016 à 2024. » Plusieurs élus se sont aussi inquiétés des frais d’entretien. Autant pour l’infrastructure maritime que pour les équipements publics. « Les élus ont été étonnés par les estimations fournies, qui vont de quelques centaines de milliers d’euros à 2 millions par an pour la dalle. Auxquels s’ajoutent 1,5 million d’euros par an pour les équipements et les voiries. La commission des finances enjoint le gouvernement à circonscrire la totalité des coûts de fonctionnement et d’entretien pour toutes les réalisations d’envergure », a insisté Marc Burini.

Sanctions

En revanche, en cas de défaillance des opérateurs privés, le rapporteur a salué le fait que l’Etat a su limiter les risques financiers, en prévoyant des sanctions « très lourdes », qui vont « au-delà de la pratique. » Lors de la phase 1 par exemple — phase qui correspond à la réalisation de l’infrastructure maritime — le rapport précise qu’une garantie de bonne fin des travaux est prévue. Celle-ci s’élève à près de 12 % du montant estimé des travaux. Soit 98 millions d’euros, alors que la pratique habituelle se situe plutôt autour de 5 %. Autre garantie mentionnée dans le rapport : l’Etat bénéficie, « contre versement d’une prime, d’une garantie de pérennité de l’infrastructure » de 30 ans. Alors que ce type d’ouvrage est habituellement garanti pour 10 ans. « En outre, rappelons que le traité prévoit certaines dispositions afin que les investisseurs demeurent stables pendant toute la réalisation du projet. Ce qui est un élément rassurant pour le Conseil national », a encore précisé Marc Burini.

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Monaco prend le large
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Des médicaments sans ordonnance livrés en quelques clics

Monaco Hebdo - Thu, 2016-07-14 10:58
Grâce à une loi adoptée à l’unanimité le 28 juin au Conseil national, les pharmaciens monégasques sont désormais autorisés à vendre des médicaments sans ordonnance sur Internet. Pour réduire leurs coûts d’approvisionnement, les officines pourront aussi créer une structure de regroupement à l’achat.

Des Doliprane, de l’Efferalgan ou encore des vitamine C accessibles en quelques clics seulement… Depuis plusieurs années, l’industrie pharmaceutique s’est lancée dans la vente de médicaments en ligne. Une révolution qui touche toute l’Europe, y compris la France, qui a autorisé ce business depuis décembre 2012. A Monaco, il a fallu attendre quelques années supplémentaires… Le 28 juin dernier, en séance publique, les élus du Conseil national ont voté à l’unanimité un texte qui autorise les officines monégasques à vendre sur internet des médicaments non soumis à prescription médicale, c’est-à-dire sans ordonnance. Sur le marché, ce commerce représenterait environ 4 000 produits.

Concurrence

Pour le conseil de l’ordre des pharmaciens, il n’était pas question que la Principauté soit hors course par rapport aux autres pays européens sur ce sujet : « Il n’y a pas de raison qu’en France et en Europe, tous les pharmaciens puissent vendre en ligne des médicaments et qu’à Monaco on se l’interdise. Je me suis donc battue pour que l’on soit sur un pied d’égalité par rapport à nos voisins. Ceux qui souhaitent développer ce e-commerce à Monaco doivent pouvoir le faire », nous expliquait il y a quelque mois l’élue Caroline Rougaignon-Vernin, également présidente du conseil de l’ordre des pharmaciens. Dans la profession, certains s’agaçaient que Monaco soit autant à la traine dans ce domaine : « Les pharmacies de Monaco n’ont pas le droit de vendre des médicaments en ligne alors que les pharmacies de Beausoleil sont autorisées à le faire, nous déclarait l’un d’eux. C’est clairement une concurrence déloyale ! Monaco a déjà deux ans de retard par rapport à la France. Il est donc urgent que la Principauté s’aligne au plus vite. » C’est donc désormais chose faite. Et pour que ce nouveau mode de distribution se fasse dans les meilleures conditions économiques, et surtout sanitaires, plusieurs protections ont été prévues par le gouvernement et le Conseil national. « Le médicament n’est pas un produit comme les autres. Il y a des règles en matière de dispensation dont on ne peut s’affranchir », ont d’ailleurs rappelé les conseillers nationaux.

Encadrement

Voilà pourquoi ces cyberpharmacies devront obligatoirement être « le prolongement virtuel » d’une officine physique réelle. « Etant donné que le site internet est adossé à une officine légalement autorisée, il ne pourra proposer à la vente des faux médicaments ou des médicaments dont l’étiquetage aurait été falsifié », a assuré l’élu Christophe Robino, rapporteur du texte. Une garantie d’autant plus capitale lorsque l’on sait que selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) environ 50 % des médicaments vendus de cette manière sont falsifiés. La loi monégasque exige aussi que la personne destinataire des médicaments vive dans un Etat membre de l’Union européenne (UE). Quant aux officines monégasques, elles devront s’assurer « que ces médicaments respectent la législation de l’Etat destinataire », a précisé le conseiller aux affaires sociales et à la santé Stéphane Valeri. La cause en est simple : la liste des médicaments soumis à une ordonnance médicale varie d’un pays à l’autre. Pour éviter toute ambiguïté d’interprétation, les pharmaciens monégasques devront donc veiller à ce que le médicament vendu sur internet sans ordonnance le soit aussi « dans l’Etat de préparation de la commande, et dans celui où il est livré. »

Regroupement

Dans le domaine pharmaceutique, il n’y a pas que sur la vente en ligne de médicaments que la Principauté avait pris un peu de retard. Depuis 2009, la France autorise en effet les pharmaciens à constituer des structures de regroupement à l’achat (SRA). En clair, ces structures dotées d’une personnalité morale — société, groupement d’intérêt économique, ou association — permettent aux pharmaciens d’effectuer des commandes de médicaments de façon collective. Objectif : obtenir de meilleures conditions commerciales, donc des prix plus bas, auprès des laboratoires pharmaceutiques et des grossistes répartiteurs. Ce dispositif est désormais autorisé dans la loi monégasque votée le 28 juin dernier. « Cette innovation devrait permettre aux officines d’obtenir de meilleures conditions commerciales dans la mesure où les volumes commandés devraient être plus importants que ceux qui auraient pu être commandés individuellement par chaque officine », précise le texte. Pour Christophe Robino, ce texte permet donc de remplir un double objectif économique : « Grâce au commerce électronique, les pharmaciens monégasques pourront proposer leurs services à davantage de personnes, et ce, à des prix attractifs, du fait des conditions commerciales qu’ils seront parvenus à négocier par l’entremise des structures de regroupement à l’achat qu’ils auront constituées. »

Contraintes

Mais pour le moment, ce commerce en ligne ne semble pas créer un engouement démesuré dans la profession. Selon nos informations, seules deux pharmacies sur les seize officines présentes sur le territoire devraient se lancer dans ce business. Un pharmacien installé au boulevard du Jardin exotique explique que ce e-commerce est bien trop contraignant. Car cela exige beaucoup de manutention et d’organisation, pour des marges qui sont au final assez réduites. « Il faudrait des volumes importants de commande et des surfaces de réception importantes. Or, j’ai un petit local. Je n’ai clairement pas la superficie nécessaire pour cela. C’est donc beaucoup de travail pour pas grand chose », indique-t-il. Autre argument avancé : pour assurer la logistique de ce type de commerce en ligne, l’embauche de personnel supplémentaire peut s’avérer indispensable. Ce qui génère, bien sûr, de nouvelles dépenses. Autre impératif pour les pharmacies monégasques qui se lancent dans ce business : se démarquer des sites internet français déjà existants. Même si, au final, peu de pharmacies françaises ont franchi le pas : sur les 23 000 installées en France, seules 334 ont fait le pari du web.

TVA

Seule certitude : sur un territoire où sont concentrées au total 16 pharmacies — et parfois 3 à 4 officines sur une même rue, ou un même boulevard —, la vente en ligne de médicaments ne présente pas un grand intérêt pour les consommateurs monégasques ou les pendulaires qui peuvent se procurer très facilement des médicaments dans les officines physiques à Monaco. Ce commerce est davantage destiné aux personnes qui sont dans l’incapacité de se déplacer en pharmacie. Ou pour celles vivant dans des endroits isolés à plusieurs kilomètres d’une officine par exemple. La vente en ligne pourrait aussi séduire les jeunes générations qui ont de plus en plus le réflex de commander sur Internet. En revanche, pour les pharmaciens monégasques, cette autorisation leur permet de diversifier leur activité. Voire, si le business est rentable, de doper leur chiffre d’affaires : « Limitées dans leur essor économique par l’exiguïté du territoire et le nombre conscrit de clients potentiels, les pharmacies monégasques pourront augmenter leur chiffres d’affaires et par conséquent, créer des recettes indirectes pour l’Etat, par le biais de la TVA, et directes, par les impôts sur les sociétés », a souligné l’élue Horizon Monaco (HM) du Conseil national, Béatrice Fresko-Rolfo.

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« Laisser une meilleure planète aux générations futures »

Monaco Hebdo - Thu, 2016-07-14 10:56
La Fondation Prince Albert II (FPAII) a célébré son dixième anniversaire. Créée en juin 2006, la FPAII a soutenu 380 projets environnementaux et investi 40 millions d’euros. Principalement dans le bassin méditerranéen, les régions polaires et les pays les moins avancés. Par Sabrina Bonarrigo

L’écologie chevillée au corps… Ardent défenseur de l’environnement, Albert II n’a cessé de s’engager durant son règne. Son fait d’arme écologique le plus marquant remonte à avril 2006 : accompagné de sept membres, il parcourt près d’une centaine de kilomètres pour rejoindre le Pôle Nord. Objectif : sensibiliser l’opinion publique sur les dangers qui menacent la planète. Il était alors le premier chef d’Etat à réaliser un tel périple. « J’avais déjà l’idée à l’époque de créer cette Fondation, mais cette expérience en Arctique, et notamment au Pôle Nord, a été pour moi un accélérateur d’intention et de décision », explique le chef d’Etat monégasque. Il y a 10 ans, Albert II était déjà très conscient de l’urgence environnementale : « Pendant des millénaires, le climat a dicté à l’homme son comportement. Aujourd’hui, c’est l’homme qui dicte son comportement au climat », regrettait-il.

Empreinte écolo

Depuis 2006, sa Fondation travaille sans relâche et multiplie les initiatives locales, nationales, et internationales. Au total, 380 projets ont été lancés ou réalisés. Tous sélectionnés par la « cheville ouvrière » de cette fondation : le comité scientifique et technique. En une décennie d’actions, environ 40 millions d’euros ont été investis. « La réussite de la fondation repose sur un réseau d’une centaine de partenaires : organisations non gouvernementales (ONG), universités, fondations, ou encore entreprises. Mais aussi sur le précieux concours de neuf branches étrangères situées notamment en France, en Italie, en Grande-Bretagne, en Suisse, en Allemagne, ou encore, depuis le mois d’avril, en Espagne », a rappelé le Prince. Un peu partout dans le monde, la FPAII a donc laissé son empreinte écologique. Mais c’est surtout dans trois zones qu’elle agit : le bassin méditerranéen, les régions polaires « témoins majeurs de la dégradation de l’environnement », sans oublier les pays les moins avancées « exposés aux grandes problématiques environnementales, à l’instar de la région sahélienne », a encore précisé le prince. Très concrètement, la fondation a notamment agi pour préserver des espèces en voie de disparition. Comme le thon rouge, la gypaète, l’aigle de Bonelli, ou encore le phoque moine. La FPAII s’est aussi investie pour préserver et restaurer des écosystèmes fragiles. Aussi bien sur terre — avec notamment la lutte contre la déforestation dans le bassin du Congo ou en Indonésie — qu’en mer, en soutenant le développement des aires marines protégées à Madagascar ou encore au Cambodge.

« Energie décarbonée »

Très attachée à « l’énergie décarbonnée », la fondation a aussi mis sa pierre à l’édifice pour de grands projets emblématiques. Parmi eux : le championnat de Formula E qui « montre que la mobilité peut devenir demain une mobilité propre, débarrassée des combustibles fossiles », explique Bernard Fautrier vice-président de la FPAII. Mais aussi le Solar impulse : « Un magnifique exemple » de ce que peut réaliser l’énergie solaire. « La fondation est également fière d’avoir pris l’initiative, mais surtout d’avoir obtenu, du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) que soit engagé un rapport spécial sur les océans et la cryosphère. » Après 10 ans d’actions, l’ambition de la FPAII reste en tout cas inchangée : « Laisser une meilleure planète aux générations futures. »

 

Ils ont dit :

« C’est unique qu’une fondation dédiée à la protection de l’environnement soit dirigée par un chef d’Etat en exercice. Quand Albert II monte à la tribune des Nations Unies ou quand il rencontre d’autres chefs d’Etat, c’est pour parler de cette cause. »

Bertrand Piccard. Pilote du Solar Impulse.

 

« Je ne sais pas où nous serons dans 10 ans. Je ne sais pas dans quel Etat sera notre planète. Combien d’espèces auront pu être sauvées. Combien auront disparu. Ni quelle sera la température de l’air. Ni quelle sera la température de l’océan. Mais je sais que si nous sommes fidèles à nos inspirations, nous aurons accompli de grandes choses. »

Déclaration du Prince Albert II, le 30 juin, lors de la soirée de gala de la FPAII, à la salle des étoiles.

 

Des écologistes récompensés

Le 30 juin, lors de la soirée de gala à la salle des étoiles, le Prince Albert a remis plusieurs récompenses. Pour la préservation de la biodiversité, le prix 2016 a été décerné à Luc Hoffmann, un brillant ornithologue et célèbre défenseur de l’environnement. Pour la gestion durable des ressources en eau, c’est Water research commission, représentée par son directeur général, Dhesigen Naidoo, qui a été récompensée pour ses actions en Afrique du Sud. Laurence Tubiana, en charge des négociations sur les changements climatiques pour la France, a également été récompensée pour sa participation active au succès des négociations de la COP21. S.B.

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« Francis Bacon sous un angle inédit »

Monaco Hebdo - Thu, 2016-07-14 10:50
Depuis le 2 juillet et jusqu’au 4 septembre, l’exposition d’été du Grimaldi Forum présente des tableaux du peintre britannique Francis Bacon. A la tête de la fondation Francis Bacon MB Art Foundation, le collectionneur Majid Boustany explique son implication dans le projet. Interview. Propos recueillis par Anne-Sophie Fontanet

Pourquoi faut-il aller voir cette exposition ?

L’exposition Francis Bacon, Monaco et la culture française qui se tient au Grimaldi Forum à Monaco du 2 juillet au 4 septembre 2016 est l’un des évènements les plus ambitieux consacré à l’artiste figuratif anglais. Cette exposition nous invite à découvrir l’œuvre de Francis Bacon sous un angle inédit. Celui de l’influence de la Principauté et de la culture française sur son travail.

Que peut-on voir ?

Plus de 60 tableaux de Bacon sont présentés, ainsi qu’une sélection d’œuvres d’artistes l’ayant inspiré. En collaboration avec le Grimaldi Forum, nous avons confié le commissariat de l’exposition à Martin Harrison, auteur du catalogue raisonné de l’artiste. C’est également la première exposition d’envergure organisée sous l’égide de la Francis Bacon MB Art Foundation.

Quel a été votre rôle ?

Depuis la genèse du projet, il y a environ deux ans, j’ai participé par le biais de ma fondation, à toutes les étapes préparatoires de cet évènement. A cette occasion, notre institution prêtera un certain nombre de tableaux de Bacon, un fonds d’archives photographiques, ainsi que des documents officiels et des correspondances retrouvés dans ses divers ateliers. Le catalogue de l’exposition sera co-édité par notre fondation et les éditions Albin Michel.

Quoi d’autre ?

Par ailleurs, une itinérance de l’exposition, recentrée sur l’influence des maîtres espagnols sur le travail de l’artiste, sera programmée au musée Guggenheim de Bilbao du 30 septembre 2016 au 8 janvier 2017. A cette occasion, nous prêterons une œuvre singulière dans le répertoire de l’artiste intitulée Maison à La Barbade (1952) en partie inspirée du tableau de Diego Velázquez (1599-1660), Vue du jardin de la villa Médicis à Rome (1650).

Pourquoi Monaco vous est légitime pour accueillir cette exposition ?

A l’aube des années 1940, Francis Bacon effectue son premier séjour en Principauté. En juillet 1946, après avoir vendu pour la somme de 200 livres sterling son tableau Peinture (1946) à Erica Brausen, qui deviendra sa marchande d’art deux ans plus tard, l’artiste quitte Londres pour s’installer à Monaco. La Principauté devient sa résidence principale jusqu’au début des années 1950. Par la suite, il continuera à s’y rendre tout au long de sa vie avec son cercle d’amis, sa famille et ses compagnons.

Comment la Principauté a séduit Francis Bacon ?

Bacon était séduit par l’atmosphère et le style de vie de Monaco. Les nombreuses distractions qu’offraient la Principauté ne l’empêchaient pourtant pas de travailler à sa peinture. Il percevait d’ailleurs Monaco comme « un lieu propice aux images qui me viennent toutes faites à l’esprit ».

Monaco a donc joué un rôle dans son travail ?

C’est à Monaco, en 1946, qu’il peint son premier pape inspiré principalement du Portrait du pape Innocent X (1650) de Velázquez et qu’il commence à concentrer son travail sur la forme humaine. C’est une étape décisive dans son œuvre qui l’amènera plus tard à être reconnu comme l’un des peintres figuratifs les plus énigmatiques de l’après-guerre. C’est aussi à Monaco, à la villa Souka Hati, en 1948, qu’il se lance dans sa série de Têtes. Il était donc plus que légitime que Monaco accueille une exposition consacrée à ce monstre sacré.

Qu’est-ce qui relie Francis Bacon à la culture française ?

Bacon a entretenu des liens très étroits avec la France tout au long de sa vie. Il découvre Paris très jeune et sera fortement imprégné de la culture française. Au printemps 1927, alors âgé de 17 ans, la famille Bocquentin l’accueille à Chantilly et lui enseigne le français. La même année, il découvre à la galerie Rosenberg à Paris une exposition du peintre Espagnol Pablo Picasso (1881-1973) qui sera l’élément déclencheur de sa vocation d’artiste. Certains ouvrages retrouvés dans son atelier ont permis de mettre en évidence les nombreuses références artistiques et littéraires françaises qui auront une résonnance dans sa pratique picturale.

© Carlos Freire MB Art Fondation

Bacon aimait donc la culture française ?

Dans ses divers entretiens, Bacon évoquait volontiers son admiration pour le travail des artistes français comme Edgar Degas (1834-1917), Auguste Rodin (1840-1917), Nicolas Poussin (1594-1665) ou Claude Monet (1840-1926). Il percevait d’ailleurs les Français comme les juges ultimes dans quasiment tous les domaines qui l’intéressaient. Cet artiste britannique se passionnait autant pour la culture française en général que pour le rayonnement artistique de Paris. Bacon a même pris un pied à terre parisien dans le quartier du Marais, entre 1975 et 1987. Il a sillonné tout au long de sa vie de nombreuses régions françaises et a su nouer de fortes relations avec des écrivains et intellectuels français.

Le public va-t-il être surpris ?

Le public découvrira, réunies pour la première fois, la toute première œuvre référencée de Bacon, Aquarelle (1929) qui fait partie de notre collection, ainsi que sa toute dernière œuvre, Etude d’un taureau (1991). Cette toile se trouvait depuis plus de 20 ans dans une collection privée à Londres et n’a jamais été exposée auparavant. Elle sera présentée pour la première fois au public à l’occasion de cette exposition au Grimaldi Forum.

D’autres points forts dans cette exposition d’été ?

De grands triptyques de l’artiste, des portraits et autoportraits ainsi que des tableaux rarement exposés font partie de l’accrochage. La particularité de cette exposition s’exprimera par un regard croisé entre les œuvres de Bacon et celles d’Alberto Giacometti (1901-1966), Jean Lurçat (1892-1966), Fernand Léger (1881-1955), Chaïm Soutine (1893-1943) ou Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901).

Quel bilan pour votre fondation ouverte depuis un an et demi ?

Depuis son ouverture, la fondation connait un succès croissant avec des visiteurs aussi bien locaux qu’internationaux. Nous avons reçu dans notre institution de nombreux chercheurs, historiens de l’art, collectionneurs, étudiants et amis proches de Bacon. La fondation a également parrainé un certain nombre de projets depuis son inauguration. L’historienne de l’art Katharina Guenther a été la première lauréate de la MB Art Foundation Scholarship, une bourse octroyée par la fondation aux chercheurs.

Votre fondation a d’autres activités ?

En juin 2015, nous avons publié notre premier livre sur Francis Bacon. C’est un ouvrage que nous offrons à chacun de nos visiteurs. En août 2015, nous avons apporté notre soutien à une installation de James Richards à la Whitechapel Gallery à Londres autour d’une œuvre de Francis Bacon, Etude pour un portrait (1953). Notre institution a également sponsorisé une exposition intitulée Francis Bacon : Invisible Rooms qui se tient actuellement à la Tate Liverpool. Enfin, nous participons à l’organisation de l’exposition Bacon cet été au Grimaldi Forum.

Votre implication ?

J’ai également été convié à participer récemment à deux conférences sur Francis Bacon : la première pour la Fondation Prince Pierre de Monaco en mars 2016 et la seconde dans le cadre du séminaire Parole aux artistes, organisé par l’école du Louvre à Paris le 7 avril 2016. Le sujet de cette dernière était Francis Bacon, Monaco et la culture française.

Vos projets ?

Parmi nos projets, nous travaillons sur la réédition de la publication de la fondation prévue pour 2017. Cette édition sera enrichie de nouveaux textes, de photographies et de nouvelles données sur l’artiste suite aux diverses recherches initiées par notre institution. Par ailleurs, nous sommes en train de mettre en place divers projets académiques en collaboration avec des institutions locales, régionales et internationales.

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sous un angle inédit »
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La quête d’une vérité en six spectacles vivants

Monaco Hebdo - Thu, 2016-07-14 10:48
Pour sa 46ème édition, le théâtre du fort Antoine propose, du 11 juillet au 15 août, six créations contemporaines autour du thème « L’homme en quête ». Avec des sujets forts qui traitent de la guerre, de la propagande et de la mort. Par Aymeric Brégoin

 

« Rien n’a changé, sauf les spectacles ! » Jo Bulitt, le programmateur de la saison du théâtre du fort Antoine, tient à rassurer les habitués : comme chaque année, le lieu monégasque régalera les amateurs de pièces tous les lundis soirs à 21h30, du 11 juillet au 15 août. Pour sa 46ème édition, ce sont six créations qui seront jouées dans le théâtre du fort autour d’une thématique, « L’homme en quête ». Et la première quête n’est pas des moindres : il s’agit d’un « voyage initiatique » dans une base scientifique du pôle Sud. Fugue, de Samuel Achache et La Vie brève, c’est « l’histoire de l’exploration en Antarctique » où il est question d’amour et de mort. Une « forme contrapuntique » qui mêle musique et théâtre à la « scénographie subtile » et que les spectateurs peuvent découvrir le 11 juillet. La semaine suivante, place à Mon traitre par le Bloc opératoire. Une pièce destinée « à tout ceux qui, un jour, ont aimé un traitre », explique Bulitt. Le metteur en scène propose de traiter deux romans de Sorj Chalandon : Mon traitre et Retour à Killybegs. C’est l’histoire vraie de l’amitié entre l’auteur et Denis Donaldson, leader charismatique de la branche politique de l’Ira, l’Armée républicaine irlandaise. Avant que ce dernier « déclare qu’il est un espion pour le gouvernement britannique » depuis 25 ans. La quête, c’est comprendre le pourquoi, le comment. « Était-ce un ami qui est devenu un traitre ? Était-il seulement un ami ? » Grâce à cette fusion entre les deux textes, le metteur en scène fait des allers-retours entre le regard du traitre et le regard de l’auteur. « Des passages très puissants, décrit Jo Bulitt. On est dans la parole. »

Mon Traitre © Photo Mario Del Curto

Count to one © Droits réservés

Feu d’artifice

L’œuvre suivante, le 25 juillet, se veut plus explosive. Marcel Poudre, de Michel Lafont par le Ratatouille théâtre, est « l’histoire autour de L’Affolante, cette machine du grand-père pour fabriquer des feux d’artifice pendant la guerre ». Un spectacle doublement pyrotechnique : en raison du festival pyromélodique de Monaco, la pièce débute exceptionnellement à 21 heures, une demi-heure plus tôt. « Et le public sera aux premières loges pour assister au feu d’artifice ! », se targue le programmateur du théâtre du fort Antoine. Le 1er août, c’est une nouvelle création du théâtre du Rugissant qui est proposée. Ivan le Terrible relate non seulement la vie du premier tsar de Russie, mais y mêle l’histoire du film de Sergueï Eisenstein (1898-1948) commandé par Staline (1878-1953). Par ce biais, la pièce interroge « sur l’art au service de la propagande et comment on a profité de la dictature pour créer une forme tyrannique d’art ». Jo Bulitt se déclare « très satisfait de cette proposition ». « Il y a une forme de marionnettisme, de manipulation. Comment on en est arrivé là, quelle est la quête des dictateurs ? » Avec une musique aux sonorités orientales et polyphoniques « dans le style de Prokofiev » (1891-1953) et une ambiance traditionnelle orthodoxe, Ivan le Terrible promet de nous plonger au cœur de l’histoire.

Fugue © Photo Jean Louis Fernandez

Ivan le terrible © Laurent Treneule

Marcel Poudre © Photo Elise Goyon

Huis clos

Le 8 août, c’est un huis clos qui prend place au fort Antoine. 9 de Stéphane Guérin par le Petit Théâtre de pain parle de cinq hommes et quatre femmes ; neuf jurés enfermés dans une salle de délibération pour une affaire de parricide. On pense bien entendu à Douze hommes en colère, le chef-d’œuvre de Sidney Lumet sorti en 1957. « Le metteur en scène donne sa version. La décision est compliqué, l’issue intéressante », explique le programmateur. La question de la peine de mort sera abordée, mais pas seulement. Dans 9, une des quêtes est de « comprendre comment on peut juger un autre être humain, comment des personnes peuvent basculer », décrypte Jo Bulitt. Des thèmes traités avec beaucoup de dialogues. Et on promet « une fin incroyable et différente du film »… Dernière œuvre à s’inviter cet été, le 15 août : Count to One par la compagnie iranienne Yase Tamam. Ce spectacle sans mot, sur fond de musique traditionnelle, s’empare de l’histoire de trois soldats qui refusent de faire la guerre. Ils sont doués pour façonner l’argile : sous leurs doigts et sous nos yeux vont prendre forme « des œuvres éphémères, sculptures qu’ils créent, jettent, écrasent », adaptées des quatrains du poète persan Omar Khayyam (1048-1131) par Zahra Sabri. Métaphore du rejet de la guerre, Count to One délivre un message symbolique sur la sagesse, la lucidité, l’instant présent, l’amour. « Quelque chose de puissant », note Bulitt. En amont de chacune des représentations, à 19h, « le public aura la possibilité de rencontrer les artistes », note Françoise Gamerdinger, directrice adjointe aux affaires culturelles. Et de 18h30 à 21h30, les spectateurs pourront se restaurer et boire un verre au Phare du bord — toute ressemblance avec une contrepèterie comprenant les mots « bar » et « fort » serait bien entendu purement fortuite.

 

L’Éléphant Woody primé Ils étaient 87 créateurs, amateurs comme professionnels, monégasques comme résidents, à exposer leurs œuvres dans le hall de l’auditorium Rainier III jusqu’au 12 juin, à l’occasion du troisième Forum des artistes de Monaco. Plus de 800 visiteurs ont été accueillis et, pour la première fois, le public était invité à voter pour son œuvre favorite parmi les peintures, sculptures et photographies. C’est L’Éléphant Woody, sculpture en bronze de Diane d’Amico, qui a raflé le prix, remis par la Direction des affaires culturelles (DAC). Une œuvre qui, avec d’autres créations de l’artiste, était exposée jusqu’au 30 juin. A.B.

 

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F1: Pirelli reveals Mexico compounds

Pit Pass - Thu, 2016-07-14 10:35
Pirelli has revealed that its medium, soft and supersoft compounds are to be used in Mexico.
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« La philosophie,c’est l’amour du savoir »

Monaco Hebdo - Thu, 2016-07-14 10:28
Invité dans le cadre des Rencontres philosophiques de Monaco, le président du club de football de Naples et producteur de cinéma, Aurelio de Laurentiis, s’est confié à Monaco Hebdo : philosophie, cinéma, foot, culture… Il n’a éludé aucun sujet. Interview. Propos recueillis par Raphaël Brun

 

Pourquoi avoir accepté l’invitation des Rencontres philosophiques de Monaco ?

La philosophie, c’est l’amour du savoir. Or, je suis boulimique du savoir, de la connaissance. Je travaille aussi dans le cinéma, et le cinéma c’est un pont vers la curiosité. Parce que dans ce métier, on est toujours en train de créer quelque chose de nouveau. On crée aussi un pont vers le public.

Pourquoi les Rencontres philosophiques vont ont proposé de participer à un débat intitulé “philosophie et sport” ?

Je suis présent dans le monde du sport car je suis président du club de football de Naples, la Società Sportiva Calcio (SSC) Napoli, depuis 2004. La philosophie est très liée à l’éthique. L’éthique est basée sur la loyauté, sur le respect de la personne, de l’adversaire.

Vous étiez bon élève ?

J’aimais beaucoup la philosophie. Parfois, la professeur me demandait de venir expliquer certains points devant toute la classe. J’étais en classe à Rome, dans des écoles catholiques. Chaque matin, on avait une heure de religion avant de commencer la journée.

C’était utile ?

Je pense qu’on devrait voir Dieu d’un point de vue philosophique, pas du point de vue de l’Eglise.

Et ensuite ?

Quand j’ai eu 14 ans, je suis allé à l’école publique, toujours à Rome. On a commencé à aborder aussi les questions politiques. Je trouve en tout cas que la philosophie, c’est passionnant. Parce que la philosophie explique comment est né le monde : qu’y a-t-il au bout du monde ? Comment tout cela a commencé ?

Mais la philosophie et le football, ça semble très éloigné ?

L’éthique sportive n’est pas celle du résultat. Or, dans le football, il y a une éthique : celle du résultat, celui que te demande le public. Au football, le public n’aime pas les règles. Il voudrait toujours pouvoir tuer symboliquement l’adversaire, en l’humiliant avec un score le plus large possible.

On imagine que la culture, la philosophie et le football ne vont pas ensemble et pourtant, vous êtes producteur de cinéma et président du club de foot de Naples ?

Je suis producteur de cinéma de façon un peu unique dans ma façon de travailler. En effet, souvent, je trouve l’idée que j’aimerais voir devenir un film. Pour développer cette idée il faut ensuite identifier qui va écrire le scénario. Car on fait avant tout une opération de marketing. Puis, il faut repérer qui est le meilleur réalisateur possible pour ce scénario et monter le casting. Après, il faut tourner le film. Mais ça ne s’arrête pas là.

Quelles sont les étapes suivantes ?

Il faut distribuer le film dans les salles, puis sur les chaînes de télévisions payantes, et enfin chez les revendeurs de blu-rays pour l’exploitation vidéo. Sans oublier les diffusions sur les chaînes de télévisions gratuites. Enfin, il y a aussi les licences pour la diffusion de ce film dans le reste du monde. Car quand je fais un film, je ne le vends pas, je reste propriétaire du copyright, de l’idée. Il faut donc s’organiser pour l’exploitation de chaque film.

Il n’y a aucun lien avec le fonctionnement du foot-business ?

Lorsque j’ai racheté le club de Naples en 2004, je ne savais rien du football. J’étais à Los Angeles, en train de terminer un film avec Angelina Jolie et Gwyneth Paltrow, Capitaine Sky et le Monde de Demain (2004). Moi, quand j’étais enfant, je jouais au basket. Je ne savais pas grand-chose du monde du football. Du coup, j’ai toujours fonctionné différemment des autres présidents de clubs de football. Car les autres n’ont pas ma culture cinématographique.

Comment avez-vous racheté le club de Naples qui était en faillite en 2004 ?

J’ai racheté Naples à la barre du tribunal pour 33 millions d’euros en août 2004. Lorsque je suis allé chez le juge, il m’a dit que pour ce prix je n’avais acheté en fait que la dénomination sociale du club. La seule bonne surprise, c’est qu’au lieu de redémarrer en quatrième division, il m’a été accordé de repartir en troisième division…

Vos premières décisions ?

J’ai décidé de faire pour les footballeurs les mêmes contrats que ceux que je propose aux acteurs de cinéma. Et j’ai fait pour l’entraîneur de mon équipe le même contrat que celui que je donne à un réalisateur. Ce sont des contrats très précis, de 120 pages. Tout le monde m’a pris pour un fou.

Difficile de changer les méthodes dans le milieu du football ?

J’ai 67 ans, mais je suis toujours focalisé sur le futur. Je ne regarde jamais en arrière. Je ne dis jamais : « On a toujours fait comme ça, donc on ne peut pas changer. »

En tant que président de Naples, vous avez d’autres exigences ?

Je n’achèterai jamais un joueur qui refuse de me céder l’intégralité de son droit d’image. Parce que je n’ai jamais fait un film sans avoir le droit d’image des acteurs.

Pourquoi avoir racheté Naples ?

J’ai investi dans Naples parce que ma famille est napolitaine et que, pour moi, la “napolétanité”, c’est le sens de la vie. C’est le sel et le poivre sur tous les plats.

Naples a fini second de la Serie A, derrière la Juventus, et vous allez jouer la Ligue des Champions pour la troisième fois : quels sont vos objectifs ?

C’est très difficile de battre la Juventus, qui est un club très stable. A Naples, j’ai dû repartir de zéro en 2004 et tout construire jusqu’à aujourd’hui. Quand Naples achète pour 120 millions de joueurs, la Juventus dépense 360 millions… Mais la Juventus a dû procéder à une recapitalisation à hauteur de 200 millions, quand Naples gagne de l’argent chaque année depuis 8 ans. L’année où on est remonté en Serie A, en 2007-2008, Naples était la 535ème équipe au monde. Aujourd’hui, on est 17ème. Naples a 10 millions de fans dans le monde entier. On a fait du chemin…

Et il reste encore beaucoup de chemin à faire ?

On doit se battre avec la municipalité qui est propriétaire du stade San Paolo, qui peut contenir un peu plus de 60 000 spectateurs. Ça fait 40 ans que la mairie ne fait pas de travaux. Ils me donnent le stade le jour du match, pas avant. Je paie 1,5 million d’euros pour 25 à 28 matches par saison.

Vous avez essayé de négocier avec la mairie de Naples ?

Je leur ai proposé d’investir tout de suite 3 millions. Il y a un an, j’ai monté un projet avec les architectes qui ont réalisé le Juventus Stadium, Gino Zavanella et Hernando Suarez. Mais la mairie a refusé.

Pourquoi ?

Ils veulent investir 25 millions et commencer des travaux en novembre. Du coup, j’ai dû faire une demande pour avoir l’autorisation de jouer à Palerme. Car on n’a pas encore la licence pour jouer en Ligue des Champions à San Paolo. Mais ce n’est pas à moi de demander cette licence : c’est à la mairie !

Vous ne jouerez donc pas à San Paolo ?

Pour l’instant, on ne sait pas.

Vous n’en avez pas marre du football ?

Non, car ça m’intéresse encore. Je suis d’ailleurs en train d’étudier comment rentrer dans le foot américain et dans le foot anglais. Aux Etats-Unis, le football américain, le base-ball et le basket sont en baisse. Dans 5 ou 6 ans, la Chine et les Etats-Unis seront deux pays très intéressants pour le football. Les Chinois ont racheté l’Inter de Milan (1) et le Milan AC (2). Ce qui ne m’étonne pas. Car, comme le théoricien de la communication Marshall McLuhan (1911-1980) le disait, on est tous connectés.

Vous avez des liens avec l’AS Monaco et son président, Dmitry Rybolovlev ?

L’AS Monaco viendra jouer à Naples le 7 août. Ce sera un match intéressant. Monaco a de la valeur, parce qu’il s’agit de la Principauté de Monaco. Peu importe si son stade n’est pas grand et pas rempli.

Vraiment ?

Ce qui fait gagner de l’argent à un club, ce n’est plus son stade réel mais son stade virtuel, c’est-à-dire la télévision. Mais il faudrait changer la formule des championnats et faire disparaitre l’Europa League et la Ligue des Champions.

Pour faire quoi ?

Une Ligue des Champions réservée au Portugal, à la Belgique, la Suisse, la Hollande, la Grèce, l’Autriche, la Russie et la Pologne. Il faudrait aussi créer en plus un championnat européen des cinq nations avec les six premières équipes de ces pays : Italie, France, Espagne, Allemagne et Angleterre. Ce championnat avec 30 équipes se déroulerait en match aller-retour le mercredi et le jeudi, en parallèle du championnat de chaque pays. Ensuite, les quatre premiers de ce championnat joueraient contre les quatre dernières équipes qualifiées en Ligue des Champions.

Vous aimeriez lancer d’autres réformes ?

Il faut diminuer le nombre d’équipes en Serie A et dans les quatre grands championnats européens pour le faire passer de 20 à 12 ou 14 équipes maximum. On ferait donc un match tous les 10 jours, ce qui permettrait de créer plus d’attente et de remplir encore mieux nos stades. On pourrait ainsi amener 10 milliards sur la table. Mais on continue de faire une grosse erreur.

Laquelle ?

Vendre nos championnats aux télévisions. Il faudrait créer une licence pour notre produit, qui est le football. On garderait donc 80 % pour laisser 20 % aux télévisions.

Naples va recruter à quels postes ?

J’ai déjà renforcé la défense avec le défenseur central d’Empoli, Lorenzo Tonelli. Maintenant, je suis en train de renforcer le milieu de terrain. Il faudra voir ce qu’il se passe avec Manolo Gabbiadini. J’aimerais aussi renforcer le côté où joue Josè Maria Callejon.

Il y a des joueurs de l’AS Monaco qui vous intéressent ?

Fabinho m’intéresse. On a proposé 10 millions pour ouvrir les discussions.

Monaco vous a contacté pour acheter certains de vos joueurs ?

Pas pour le moment.

Vous avez vendu Ezequiel Lavezzi et Edinson Cavani au PSG en faisant de gros bénéfices : vous le regrettez ?

Non, pourquoi ? J’ai vendu Lavezzi 33 millions et Cavani 65 millions net. C’est bien vendu je trouve…

Quel rapport avez-vous avec l’argent ?

Je dis toujours à mes enfants que l’argent n’est pas un but, mais un moyen. Dans la vie, il faut savoir compter et être mathématique. Les mathématiques sont une science exacte. Et c’est aussi une belle philosophie. Car les chiffres ont une âme, si on sait les interpréter. De toute façon, notre bien le plus précieux, c’est évidemment la santé, pas l’argent. Quand on a la santé, il faut avoir faim, travailler et ne jamais être fatigué.

Vous êtes le neveu du producteur Dino de Laurentiis (1919-2010), qui a notamment produit des films comme Dune (1984) de David Lynch, Le Sixième Sens (1986) de Michael Mann ou Hannibal (2001) de Ridley Scott : c’était quel genre d’homme ?

Dino et mon père m’ont tout appris sur le cinéma. Dino est un self made man. Il n’a pas fait d’études parce qu’il n’a pas voulu aller à l’université. En 1929, mon grand-père était alors un industriel. C’était un fabricant de pâtes de Torre d’Annunziata, près de Naples. Il s’appelait comme moi, Aurelio de Laurentiis. Dino a dit à son père qu’il voulait devenir acteur. Son père lui a dit : « OK, vas-y. Mais si dans un an tu n’es arrivé à rien, tu reviens travailler ici avec moi. »

Et que s’est-il passé, un an après ?

Un an après, mon oncle n’avait plus un sou. Mais il est passé derrière la caméra. Il a été secrétaire de production, puis directeur de production.

Votre père a aussi travaillé dans le monde de la culture et du cinéma ?

Mon père qui parlait parfaitement le bulgare et le russe, avait gagné une bourse d’étude. Le ministère des affaires étrangères l’avait envoyé à Sofia, en Bulgarie. C’est là-bas qu’il a connu ma mère. Au bout de trois mois, il a mis autour d’une table des poètes, des écrivains, des gens du théâtre et du cinéma pour créer un journal, Blanc et Noir. Par la suite, il a été professeur. Et il a même créé une école de cinéma. C’était l’intellectuel de la famille.

Votre père et votre oncle Dino ont travaillé ensemble ?

Les deux frères se sont retrouvés dans les années 40. Après la guerre, ils se sont associés avec le producteur Carlo Ponti (1912-2007) pour créer la Ponti-de Laurentiis lorsque je suis né, en 1949. Carlo Ponti avait peur de la philosophie de Laurentiisienne, qui consiste à faire des films internationaux à gros budgets, comme par exemple l’adaptation de Guerre et Paix en 1956, avec Audrey Hepburn et Jane Fonda. Il faut dire qu’à l’époque, ce film a coûté 5 milliards de lires…

C’était beaucoup d’argent !

Oui, mais de l’autre côté, on faisait aussi des films avec des gens comme Federico Fellini (1920-1993). Je pense par exemple à La Strada (1954), qui a été récompensé par un Oscar. Ou encore Les Nuits de Cabiria (Le notti di Cabiria) en 1957. Du coup, après avoir épousé Sophia Loren, Carlo Ponti a ensuite fait sa carrière de son côté. Mon père et mon oncle sont restés ensemble.

Votre famille a aussi créé ses propres studios de cinéma ?

Dans les années 60, mon père a édifié pour mon oncle un grand studio à Rome, sur la via Pontina : la Dinocittà. Résultat, à Rome, le complexe de studios Cinecittà lancé en 1937 était alors vide, car tout le monde venait chez nous. Ils ont donc commencé à appliquer une baisse des prix de l’ordre de 90 % ! Comme Cinecittà appartenait à l’Etat, ils ne risquaient pas la banqueroute…

Et ça a marché ?

Oui. On avait des acteurs comme Elizabeth Taylor (1932-2011) ou Richard Burton (1925-1984). Et ils sont tous partis tourner à Cinecittà… Du coup, mon oncle a décidé de quitter l’Italie pour les Etats-Unis. Mais mon père a refusé de partir. J’étais très proche de mon père. Je suis donc resté avec lui.

C’est un épisode que vous n’avez jamais oublié ?

En 1997, lorsque Cinecittà a été privatisé, j’ai fait partie des investisseurs qui l’ont racheté via la holding Italian Entertainment Group (IEG). J’ai aussi racheté Dinocittà sur lequel j’ai ouvert en juillet 2014 un parc d’attraction en hommage au cinéma italien, que j’ai baptisé Cinecittà World. Actuellement, on est en train de finir le Luneur Park, un parc d’attraction situé à Rome, qui ouvrira en septembre.

Vous avez d’autres activités en dehors du football et du cinéma ?

Avec l’une de mes entreprises, on travaille sur l’ouverture et la clôture des Jeux olympiques (JO) de Rio en août prochain. Ce qui va coûter 77 millions d’euros.

Quels sont vos projets cinématographiques ?

Je travaille sur des films internationaux, mais aussi sur des films italiens, que je n’ai jamais abandonnés d’ailleurs. Mais aussi sur des séries pour la télévision, dont une qui devrait être prochainement tournée à Monaco.

Vous avez de nouveaux projets ?

J’adore tout ce qui touche aux questions de santé et de gastronomie. Depuis 30 ans, j’ai un rêve : j’aimerais démontrer qu’il est possible de manger sainement à un prix raisonnable. Si j’ai le temps, je souhaiterais ouvrir une centaine de restaurants de qualité. Car Naples me prend beaucoup de temps… On est de retour en Serie A depuis 8 ans et on joue une Coupe d’Europe chaque année depuis 7 ans. Mais c’est passionnant.

 

(1) Le 6 juin, le groupe de distribution de produits électroniques et d’électroménager Suning a annoncé le rachat de l’Inter de Milan pour 270 millions d’euros. Ce qui représente, pour le moment, le plus gros investissement chinois dans un club de football. Suning détiendra 70 % des parts de l’Inter. (2) Le 10 mai, Sky Italia a indiqué que Feninvest, l’entreprise fondée par Silvio Berlusconi, était entrée en « négociations exclusives » pour une période d’un mois avec « un groupe d’investisseurs chinois » pour la vente de 70 % du Milan AC.

 

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c’est l’amour du savoir »
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Les Monaco Green Days débutent ce week-end !

Visitmonaco - Thu, 2016-07-14 10:03
Découvrir Monaco autrement, grâce aux animations et visites offertes par la Direction du Tourisme et des Congrès et ses partenaires

F1: Vandoorne hints at alternative to McLaren

Pit Pass - Thu, 2016-07-14 08:28
Stoffel Vandoorne has warned that there are alternatives to McLaren as he eyes 2017 F1 spot.
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Kimi leads the way on day two

Sporting Life - Wed, 2016-07-13 13:13
Kimi Raikkonen closed the final in-season test of 2016 on top of the timesheets after displaying strong one-lap pace for Ferrari.
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Red Bull would vote against Halo

GrandPrix.com - Wed, 2016-07-13 12:20
Red Bull has indicated it will vote against the introduction of the 'Halo' cockpit protection for 2017.
Categories: F1 Grand Prix

Getting noticed is difficult at Manor says Wehrlein

GrandPrix.com - Wed, 2016-07-13 12:10
Pascal Wehrlein has indicated he wants his F1 career to step up a notch for 2017.
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Haas leaves driver question open for now

GrandPrix.com - Wed, 2016-07-13 12:00
Haas is leaving its driver lineup for the 2017 season open for now.
Categories: F1 Grand Prix

Monaco se met au vert !

Visitmonaco - Wed, 2016-07-13 09:52
Des expositions et des ateliers sont proposés par Terres méditerranéennes à l'occasion des Monaco Green Days

Back to the 80's à Monaco

Visitmonaco - Wed, 2016-07-13 09:30
Back to the 80's le Samedi 17 Septembre 2016 à 19h, Dîner de Gala Caritatif en faveur de Fight Aids Monaco

Alonso tops day one of testing

Sporting Life - Tue, 2016-07-12 18:10
Fernando Alonso finished more than 1.5 seconds clear on an encouraging first day of in-season testing for McLaren at Silverstone.
Categories: F1 Grand Prix

Première édition des Monaco Green Days

Visitmonaco - Tue, 2016-07-12 15:02
La Direction du Tourisme et des Congrès avec ses partenaires organisent une opération estivale dédiée à l'Environnement du 16 au 31 juillet 2016
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